Réduire l'utilisation des antibiotiques ... oui ! Mais comment ?

  • Par vetbdc
  • Le 22/04/2016
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Depuis 2012, la France a décidé de réduire sa consommation d'antibiotiques vétérinaires et de mettre en place un plan de lutte contre l'antibiorésistance (capacité des bactéries à survivre en présence d'antibiotiques). Au départ, cela concernait essentiellement les élevages industriels. Mais de mesure en mesure, non compagnons à 4 pattes se trouvent aussi concernés.

Depuis début avril, la prescription de certains antibiotiques est conditionnée à la réalisation d'une analyse permettant de prouver la sensibilité de la bactérie en cause à l'antibiotique que l'on souhaite utiliser.

Petite explication : Les antibiotiques "critiques" sont des molécules utilisées aussi en médecine humaine, contre lesquelles les bactéries sont aisément capables de devenir insensibles. Ils sont toutefois nécessaires au traitement de certaines maladies. Jusque là, le bon sens faisait que ces molécules n'étaient utilisées qu'en dernier recours. Aujourd'hui, il faudra en plus prouver leur efficacité in vitro (en laboratoire) avant de les utiliser.

Nous serons donc ameneés à vous reparler de ces tests (culture bactérienne, identification bactérienne et antibiogramme) lorsque votre animal nécessitera un tel traitement. Ce sera le cas par exemple lors :

  • d'accident de chasse grave : pneumothorax, éventration
  • d'infection ne gérissant pas avec un premier traitement antibiotique
  • de maladie aiguë, grave nécessitant une hospitalisation ...

Vous pouvez retrouver toutes les informations sur le plan écoantibio ici.

Quelles analyses vont être réalisées ?

Dans un premier temps le vétérinaire réalisera un prélèvement (tube de sang, écouvillon = grand coton tige stérile, selles ou urine...) qu'il enverra dans un laboratoire spécialisé.

Le laboratoire va réaliser une culture bactérienne : le prélèvement est déposé dans une boite en plastique qui contient une gélatine nutritive pour bactérie puis placé au chaud dans une étuve. Chaque jour, la croissance des bactéries est contrôlée. Une fois qu'il y en a assez, une batterie de tests permet d'identifier la bactérie qui est alors mise sur un nouveau support nutritif contenant des pastilles antibiotiques. La croissance des bactéries en présence de ces pastilles antibiotiques nous donne l'antibiogramme. Celui-ci permet au vétérinaire de choisir un antibiotique actif sur la bactérie (en laboratoire). Parmis tous les antibiotiques actifs in vitro, les connaissances du vétérinaire lui permettent de choisir celui qui sera actif in vivo (chez l'animal).

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